Ce blog est un peu en stand-by depuis bientôt un an. Un an que je n'ai rien ajouté. Une année riche en émotion. Dans les jours à venir, je continuerai à poster de nouveaux messages. Toujours dans la même logique, dans la même idée, essayer de comprendre ce qui est difficilement compréhensible.
A bientôt...
vendredi 4 février 2011
vendredi 5 mars 2010
La pensée en continue, cercle vicieux ou cercle d’éternité ?
J’ai reçu très récemment, un commentaire sur l’article Pensée. Mon amie Ame Tourmentée me demandait « La pensée en continue, cercle vicieux ou cercle d’éternité ? ». Je me suis plongé dans mes bouquins, j’ai fais travailler ma petite caboche et j’ai essayé de répondre le plus clairement possible à sa question (oui je sais, difficile d’être clair sur un sujet aussi philosophique). Accrochez-vous…
Définition de la pensée : étymologiquement du latin pendere « peser » ou pensare « peser », « juger ».
Dans les deux cas, c’est clair. En pensant, on pèse, on juge à la fois ce qui nous entoure et nous même. C’est ce qui est la manifestation de la conscience au sens large. Et c’est ce qui nous différencie de l’animal d’où le « je pense donc je suis » de Kant. Mais je préfère utiliser personnellement « je suis conscient de ma conscience donc je suis ». C'est-à-dire la connaissance que l’on a de nos pensées. C’est grâce à elles que l’on prend « conscience » justement du sentiment d’existence et donc de la pensée universelle de la mort. C’est à la fois une tare pour l’homme mais aussi un cadeau, un don. La conscience et donc la pensée, sont à la fois, les bourreaux et les libérateurs de l’homme. Ce sont des forces libératrices dans le sens où, comme le dit Pascal dans Les Pensées, « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant ». Comme si ce « mais » permettait d’effacer cette faiblesse que nous avons face à la nature. Comme si ce « mais » transformait cette incompréhension en quelque chose de plus noble. Cela n’empêche de vivre cette faiblesse et de la connaitre. Non seulement la connaitre, mais s’en servir pour de plus grands desseins. Comme le dit l’adage, « on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ». Hé oui, on ne peut pas avoir la capacité de réfléchir sur notre condition et à la fois, ne pas être capable de la ressentir dans notre chair, dans nos larmes, dans nos rire, nos doutes, nos espoir. C’est aussi ça la beauté de la pensée, cet arc-en-ciel de sensations et d’émotions (n’en déplaise à Descartes).
On voudrait tous, parfois, ne plus être conscient, ne plus penser sur ce qui nous entoure. En tout cas, pour ceux qui ressentent cette présence permanente en eux. C’est à ce moment qu’entre en jeu cette notion de « cercle vicieux, ou cercle d’éternité ». Ce sont deux termes à la fois flous dans leur définition mais à la fois on-ne-peut-plus clairs. Expliquons. En lisant cercle vicieux, on ressent cette sensation d’enfermement, de supplice, ça nous rapporte à la perversité et donc à une certaine cruauté. Serions-nous donc, en restant dans cette logique de cercle vicieux, des esclaves, des prisonniers de notre pensée ? La pensée, c’est un peu comme le ruban (ou anneau) de Moebius. C’est une surface totalement fermée qui n’a pas de début ni de fin. On a beau faire le tour, ce ruban n’a pas, comme habituellement, deux côté, mais n’en a qu’un seul. C’est assez abstrait comme concept, et angoissant quand on y pense (cf. image d’illustration). L’angoisse, c’est cette sensation que nous ressentons lorsque nous faisons face au néant.
Faites une petite expérience. Pensez l’univers. On voit la Terre, puis le Système Solaire, la Voie Lactée, un groupe de galaxie, etc. Continuez. Imaginez qu’il n’y a pas de fin, qu’il n’y aura pas de mur rassurant, comme celui que vous touchez quand vous tendez votre bras dans une maison noyée dans le noir d’une nuit d’hiver. Ici, l’univers, quoique vous fassiez, ne présentera jamais de mur. Vous tendez votre bras sans jamais rien toucher. La pensée, est comme l’univers, elle ne se heurtera jamais à une fin. Nous, en tant qu’humain, sommes déstabilisés lorsque nous pensons l’impensable, nous aimons tout ce qui est cadré, bien réglé. Lorsque ce n’est pas le cas, nous sommes angoissés, torturés par nos propres questionnements. Dans ce Schmilblick, comme dirait Coluche, il n’y a ni début, ni fin.
Alors, la pensée en continue, cercle vicieux ou cercle d’éternité ? Hé bien, les deux à la fois. Penser, c’est admettre notre impuissance face à elle-même. C’est concevoir qu’elle nous dirige. Mais puisque nous sommes « conscients de notre conscience », puisque nous sommes conscients de cette pensée, c’est aussi concevoir que nous la dirigeons dans un certain sens. Notre plus grande erreur et d’imaginer que nous pouvons dissocier la pensée et l’acte de LA penser. Comme si, cette chose étrange, était une entité difforme, irrégulière. Nous SOMMES notre propre pensée. Lorsque nous réfléchissons sur elle, au fond, nous réfléchissons sur nous même. Les questions existentielles – par définition sans fin – prennent place, et créent cette angoisse, ce fameux « cercle vicieux ». Le « cercle éternel » lui, n’est qu’une de forme pléonasme. Un cercle, c’est bien infini et éternel non ? Comme la pensée…
Pascal le dit parfaitement, « Concevoir l’homme sans pensée, ce serait une pierre ou une brute. Penser fait la grandeur de l’homme. » Il ne faut pas aller contre cette dernière. Il faut se construire avec elle et par elle.
mardi 2 mars 2010
Pensée
"Le monde matériel est ce qu'il est, et sa réalité, pour autant qu'elle ne se mesure point aux étalons de la science, pour autant qu'elle est inhumaine, est antérieure à toute spéculation et demeure indépendante des transformations des pensées. Le passage du mouvement circulaire au mouvement elliptique n'affecta point la réalité des astres : mais une pensée qui s'en tient au cercle ne possède pas le même monde matériel que celle qui peut tenir compte de l'ellipse."
Paul Nizan, Les Chiens de Garde (Très bon livre au passage !)
lundi 1 mars 2010
Dans le tourment des pensées
Qui suis-je ? A la fois prisonnier de mes rêves, et évadé d’une réalité qui nous rattrape. J’aime passer le temps sur la terrasse d’un café, sur un banc, le cœur plein de soleil et la tête dans les nuages à rêvasser de perles d’or. Des idées d’ici, d’ailleurs, remplissent ce qui me sert de tête. Des souvenirs, des arrières gouts d’histoires, des impressions de déjà vu, des fantômes sans nom, des restes de sentiments, des reliques d’anachorètes sont mes bases. Ces gens, ces noms, ces visages qui parlent, je n’ai qu’à ouvrir le pavillon de mes oreilles pour accueillir leurs paroles. Les boire à m’en souler, à en tomber, et pour les vivre. Mille et une histoires, des contes, des drames, des vies. C’est si curieux.
J’ai du plomb en moi. Faute de l’avoir dans l’aile, je l’ai dans la tête. J’aime passer le temps à m’alourdir de ce métal, à laisser ce temps filer, à l’observer courir sans pause, et à le penser. Je crée mes propres pauses, je les vis, je les décris. Ces regards embrasés, ces sourires de lumières, ces gens errants sans but, ou poursuivant leur montre. C’est chaque jour une tempête de sable fouettent mes cinq sens telle la gifle d’une amante jalouse. C’est douloureux, mais bon à la fois. Alors, parfois, les rêves s’évanouissent avec la douce quiétude de la fumée du tabac d’un voisin amenant une cigarette à ses lèvres. Les questionnements, eux, s’enracinent aussi profondément qu’un homme agrippant de ses doigts ensanglantés les parois d’un précipice. La peur se vêt de son plus beau visage caché derrière un masque aigrefin de sa familière présence. La vie prend l’image d’une vidéo que l’on regarde en famille. Sur l’écran blanc défile alors le tableau d’un dimanche neigeux. Les flocons tombant dans le froid de l’atmosphère restent en suspend. Tout s’arrête. Prendre du recul sur ce que l’on vit devient une nécessité avec comme seule alliée la noire présence d’une pièce close et comme seul soutient la profondeur d’un fauteuil en cuir. L’unique lueur présente, se meut dans la chaleur du filament d’une l’ampoule de 25W.
Je me disperse et me perds dans mes pensées. Je remplie ma tête et trouve mes chemins dans les écrits d’autres, aussi perdus que moi. Je cherche la meilleure façon de vivre, et d’accéder à un certain bonheur. Il faut être alors très inventif. J’aime cette vie actuelle faite d’une symphonie de sensations permanente. Mais, je me dis aussi que savoir imaginer une nouvelle façon de vivre, c’est déjà pouvoir commencer à vivre ce changement. Alors je continue à chercher…
dimanche 28 février 2010
vendredi 26 février 2010
La vie vue par le job
Il est toujours difficile de croire en la vie professionnelle comme en quelque chose d’immuable, continuel, et linéaire. Quelle misérable erreur cela serait. Au fur et à mesure que je découvre cette vie là, je m’aperçois que cette dernière possède des secrets insaisissables. C’est lorsque tout espoir semble être parti que le secret de la vie en général se met en marche. Celui qui fait qu’en réalité tout n’est qu’une succession d’évènements incompréhensibles, mais au fond tous liés. Chaque personne, chaque rencontre ne sont qu’en fait des éléments qui permettent au final, si tout s’assemble bien, de toucher du bout du doigt notre but fixé. C’est ce qui fait son essence. C’est peut être faux ce que je dis, peut être que ça ne l’est pas. Je ne sais pas au fond. Tout comme je ne sais pas quelles nouvelles rencontres extraordinaires je vais découvrir dans ce métier.
Jean D’Ormesson explique cela dans ses livres. Il est conscient que tout est lié. C’est d’ailleurs le terme de TOUT qu’il utilise en parlant de la vie en général, professionnelle, amoureuse, mais pas que. Le Tout. Serais-je devenu le fruit de ce Tout ? Serais-je devenu une conséquence de ce Tout ? Un objet influencé par les rencontres ? Je pense que oui. Il est difficile de saisir clairement tout ce que j’explique comme il est tout aussi difficile d’apposer des mots sur des sentiments et des ressentis. Certains utilisent cette métaphore, et j'aime l'utiliser : « c’est comme expliquer à un aveugle ce qu’est une couleur ». Ca se vit, et ça s’explique difficilement.
Beaucoup de choses sont encore à apprendre, je m’en délecte d’avance.
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