dimanche 31 janvier 2010

Le manque



"Tout se réduit en somme au désir et à l'absence de désir. Le reste est nuance."

Le plus difficile pour certains est indéniablement le fait de sentir le manque envahir son corps. Le manque d'un objet, d'un lieu, d'une sensation, d'une odeur, d'un bruit, de tout ce qui peut exister. Le plus dur, est certainement le manque d'une personne. Qui peut résister à l'appel de ce désir, de cette privation que l'on voudrait faire cesser, de cette souffrance que l'on voudrait faire disparaître et qui, lorsque l'on y arrive, s'empresse de renaître ? Mais allez ! Un peu d'espoir ! Si on est fait pour ressentir cette sensation, il doit bien y avoir une raison. Peut-être est-ce simplement pour que, le jour ou ce manque s'efface, l'on puisse enfin sentir cette vigueur, cette joie, cette exaltation pure, cette euphorie indescriptible inonder notre être. Ou peut-être pas.

Sommes-nous ainsi condamnés au désir, à la privation ? Désirons-nous quelque chose simplement parce que notre esprit l'idéalise ? Nous tous, certain que le but tant rêvé puisse rendre notre vie meilleure, chacun dans sa propre recherche du bonheur (une forme d'idéal de notre imagination en somme) et de sérénité (une utopie, tout comme le bonheur) ?

Au fond, l'inaccessibilité de ces deux états ne reflètent-ils pas notre erreur dans la perception de notre monde et dans son idéalisation ?

Tant de questions pour si peu de réponses...

mercredi 20 janvier 2010

Winter - Joshua Radin


Pour les anglophones(/philes)

"Winter" de Joshua Radin

I should know
Who I am by now
I walk
The record stands somehow
Thinking of winter

Your name is the splinter inside me
While I wait

And I remember the sound
Of your November downtown
And I remember the truth
A warm December with you
But I don't have to make this mistake
And I don't have to stay this way
If only I would wait

The walk has all been cleared by now
Your voice is all I hear somehow
Calling out Winter

Your voice is the splinter inside me
While I wait

I remember the sound
Of your November downtown
And I remember the truth
A warm December with you
But I don't have to make this mistake
And I don't have to stay this way
If only I would wait

I could have lost myself
In rough blue waters in your eyes
And I miss you still

I remember the sound
Of your November downtown
And I remember the truth
A warm December with you
But I don't have to make this mistake
And I don't have to stay this way
If only I would wait

Les beaux souvenirs ne meurent jamais

La musique



Victor Hugo a dit, « la musique, c’est du bruit qui pense ». Que dire de plus ? Qui ne s’est jamais senti plus léger après avoir écouté un morceau de musique, ou qui ne s’est jamais senti galvanisé par une chanson ? La musique a cela de fort qu’elle est une pauissance invisible. Réel exutoire, elle porte par la vibration de ses notes tout le monde. Personne n’est insensible à un piano qui prend vie grâce aux doigts d’un homme, d’une femme. Simplement parce que c’est du « bruit » qui « pense », du « bruit » qui vit, qui a de l’émotion, qui met en exergue chaque partie infime de notre être et qui amplifie l’intensité de nos sentiments. Bons, ou mauvais. On ressent, et on ne peut mettre des mots sur ce que l’on sent à l’intérieur. C’est de la mélancolie, de l’espièglerie, de la joie, de la tristesse… La musique, elle, met de l’émotion sur ces choses là, celle que l’on ne peut expliciter mais qui sont pourtant là. C’est comme si, tout d’un coup, tout se mettait en place en nous, comme si, par un enchantement vibratoire, toute notre personne s’alignait avec chaque son. Comme si, notre corps et tout ce qui le compose (dont l’âme, pour ceux qui y croit) vibraient en phase. Tout est en ordre. Tout est enfin en ordre. Mais pour la durée que dure la mélodie.

La musique, outre ce bruit qui pense, c’est aussi une pensée profonde qui palpite, qui frémie, qui secoue, qui fait frissonner. La musique, c'est tout cela à la fois.


...On voudrait tous être quelqu'un d'autre...

"Tu as tort, un fois de plus !"



C'est en y réfléchissant bien que l'on comprend que les problèmes, quels qu'ils soient, naissent d'une mauvaise communication. Deux personnes se parlent, ne se comprennent pas, et c'est un sacré noeud gordien qui se met en place. Souvent, ce sont les points de vue divergents qui crééent le décalage. Chacun étant persuadé de sa bonne foi. Noeud gordien oblige, le "truc", pour apaiser les tentions, serait de trancher le tout par un grand coup d'épée salvateur. Mais dans la "vraie" vie, ce n'est jamais le cas. La situation s'aggrave, s'envenime, pourrie et fini par exploser d'une manière ou d'une autre. L'humain, en tant qu'être doté d'une personnalité, d'une sensibilité propre, se laisse emporter par ses émotions. "De toute façon, c'est lui qui a tort ! Une fois de plus. Il ne veut rien comprendre" se targe-t-il alors de dire. Il s'enferme, le dialogue est rompu. La situation stagne. Un sentiment de malaise flotte dans l'air sans pour autant vraiment le saisir ni le sentir dans sa totalité. L'amour que l'on peut éprouver pour l'autre personne peut être présent, mais on préfère "bouder". L'enfant qui est en nous prend alors place. Avouons qu'il est toujours plus facile de laisser surgir en nous cette part d'ignorance, de naïveté que l'on regrette tant et que l'on regarde, avec nostalgie, prendre le contrôle de notre être. Nous, adultes (jeunes ou non).

Et puis, si l'on se pose en observateur de la scène tragi-comique qui se joue malgré nous (presque), on comprend vite que cette réaction excessive n'est qu'une manière de dire "j'aime pas quand ça se passe comme ça, j'ai pas envie de m'engueuler avec toi au fond".

Parce qu'au fond, oui, personne n'a raison et personne n'a tort. Sortir de ses carcans réducteurs fondés sur la fierté tout en élevant notre niveau d'empathie, voilà une des pistes à la résolution de maints problèmes.

mardi 19 janvier 2010

Au détour d'un voyage



Ecrire pour écrire..?


Ah la belle affaire ! Écrire ! On dit qu’« il faut un style, une patte, une griffe, une signature ». Baliverne ! Ce n’est pas le style qui prime mais la vie que l’on trouve dans le minuscule morceau de texte produit, ou l’histoire de 200 pages. S’il faut obligatoirement un style pour écrire, alors ce n’est plus une histoire que l’on fait, mais un exercice de style. Si le style l’emporte sur la vie, à quoi bon écrire ? Alors oui, l’émotion, la vie que l’on traduit par les mots, l’agencement des lettres, la cadences des phrases, tout cela créé un style. Mais au fond, n’est-t-il pas plus plaisant de laisser courir la plume sur le papier ou les doigts sur clavier sans penser à tout cela ? N’est-il pas plus plaisant d’abaisser les barrières de l’esprit et d’ouvrir le robinet des mots, sans savoir comment on va commencer, ni comment on va terminer ?

Et puis, en y réfléchissant, beaucoup écrivent pour s’entendre parler. Dans un pur but narcissique, égocentrique, de prétention, d’égoïsme. Si ça peut les aider, certes. Dans tous les cas ce n’est visiblement pas suffisant pour écrire quelque chose d’intéressant. L’écriture est faite aussi et surtout pour honorer et louer ce qui fait que nous sommes tous ici : La vie. Consciemment, ou non. Pas seulement l’acte de vivre, mais le tout. Voilà une belle pensée idiote et idéaliste et qui en fera sourire certains. Peu importe.

Entre utopisme, contemplation, rêves d’ailleurs, et action, la limite est bien mince.

Pensée



"Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quelle monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! Juge de toute choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers."

Pascal

J’accouche


Terme bien plus que curieux pour l’homme que je suis. Accoucher. Voilà un jolie mot qui nous rappelle la douleur, mais aussi la renaissance, la création. Là est la raison. Je créé, ici, dans ce monde immatériel qu’est celui de l’Internet, un univers qui se balade depuis déjà plusieurs années dans ma tête. Celui de Tantale. Mortel et fils de Zeus, il a déçu les dieux de l’Olympe et a été puni. Son supplice éternel, rester dans un fleuve d’eau douce jusqu’au cou dans le royaume des ténèbres. Ayant à sa porté eau et fruits à profusion il ne peut les saisir car à chaque effort, ces deux mets délicieux et vitaux se dérobent à lui. Eternellement tenaillé tant par la faim que par la soif il reste ainsi, sans jamais pouvoir en mourir.

Au final, c’est la souffrance d’un désir, d’un souhait permanent, de tentatives ratées. Ce supplice, le miens, c'est cette volonté de toucher du doigt le secret du "Tout" comme l’appelle Jean d’Ormesson. Un "Tout" dont on sent la douce haleine mais qui recule d'un pas à chaque tentative d'approche.

"Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? (…) Que serait les hommes sans le tout ? rien du tout. Ils n'existeraient même pas puisqu'ils sont comme une fleur et un fruit du tout. Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ?"

L'histoire de toute une histoire...