mardi 19 janvier 2010

J’accouche


Terme bien plus que curieux pour l’homme que je suis. Accoucher. Voilà un jolie mot qui nous rappelle la douleur, mais aussi la renaissance, la création. Là est la raison. Je créé, ici, dans ce monde immatériel qu’est celui de l’Internet, un univers qui se balade depuis déjà plusieurs années dans ma tête. Celui de Tantale. Mortel et fils de Zeus, il a déçu les dieux de l’Olympe et a été puni. Son supplice éternel, rester dans un fleuve d’eau douce jusqu’au cou dans le royaume des ténèbres. Ayant à sa porté eau et fruits à profusion il ne peut les saisir car à chaque effort, ces deux mets délicieux et vitaux se dérobent à lui. Eternellement tenaillé tant par la faim que par la soif il reste ainsi, sans jamais pouvoir en mourir.

Au final, c’est la souffrance d’un désir, d’un souhait permanent, de tentatives ratées. Ce supplice, le miens, c'est cette volonté de toucher du doigt le secret du "Tout" comme l’appelle Jean d’Ormesson. Un "Tout" dont on sent la douce haleine mais qui recule d'un pas à chaque tentative d'approche.

"Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? (…) Que serait les hommes sans le tout ? rien du tout. Ils n'existeraient même pas puisqu'ils sont comme une fleur et un fruit du tout. Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ?"

L'histoire de toute une histoire...