dimanche 28 février 2010

Under My Bed...

Immortel


L'Amour survit aux personnes. Les personnes survivent rarement à l'Amour.

vendredi 26 février 2010

La vie vue par le job


Il est toujours difficile de croire en la vie professionnelle comme en quelque chose d’immuable, continuel, et linéaire. Quelle misérable erreur cela serait. Au fur et à mesure que je découvre cette vie là, je m’aperçois que cette dernière possède des secrets insaisissables. C’est lorsque tout espoir semble être parti que le secret de la vie en général se met en marche. Celui qui fait qu’en réalité tout n’est qu’une succession d’évènements incompréhensibles, mais au fond tous liés. Chaque personne, chaque rencontre ne sont qu’en fait des éléments qui permettent au final, si tout s’assemble bien, de toucher du bout du doigt notre but fixé. C’est ce qui fait son essence. C’est peut être faux ce que je dis, peut être que ça ne l’est pas. Je ne sais pas au fond. Tout comme je ne sais pas quelles nouvelles rencontres extraordinaires je vais découvrir dans ce métier. 

Jean D’Ormesson explique cela dans ses livres. Il est conscient que tout est lié. C’est d’ailleurs le terme de TOUT qu’il utilise en parlant de la vie en général, professionnelle, amoureuse, mais pas que. Le Tout. Serais-je devenu le fruit de ce Tout ? Serais-je devenu une conséquence de ce Tout ? Un objet influencé par les rencontres ? Je pense que oui. Il est difficile de saisir clairement tout ce que j’explique comme il est tout aussi difficile d’apposer des mots sur des sentiments et des ressentis. Certains utilisent cette métaphore, et j'aime l'utiliser : « c’est comme expliquer à un aveugle ce qu’est une couleur ». Ca se vit, et ça s’explique difficilement. 

Beaucoup de choses sont encore à apprendre, je m’en délecte d’avance. 

dimanche 14 février 2010


"Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir."

Pensées, Pascal.

mercredi 10 février 2010

L'amour, ou comment devenir un puzzle

Une lettre envoyée dans le vent...



"Tu manques à ma peau comme des touches d’ivoire manquent à un piano. Elle se souvient de toi. Chaque pli, chaque pore possède une mémoire de toi, un souvenir entier. La peau est presque, par définition, la première zone du corps que la femme conquiert par son touché. Le cœur étant déjà devenu esclave des regards et des mots de tendresses.

Du bout des doigts, de la douceur de la paume de la main, de la finesse des lèvres, de la légèreté de la langue, de la vigueur du corps tout entier tu as imprimé ta signature en moi. Et voilà ce que ma chair désire. Elle désire ce rituel millénaire et pourtant si hésitant de l’amour. Un rituel qui fait que tout le corps s’active. Tout s’accélère. Tu m’effleure de tes doigts, et ce sont des anges qui dansent sous ma peau. Tu m’embrasses, et ce sont les silhouettes des plus belles montagnes péruviennes qui s’apposent sur mes paupières fermées. Tu me caresses, tout simplement, et c’est une explosion de sensations qui née en moi me faisant frissonner.

Longtemps je t’ai cru sorcière m’envoutant par un enchantement dont seul toi connais le secret. Longtemps, j’ai cru t’entendre chuchoter du bout de tes divines lèvres, nombre de maléfices et d’envoutements. Mais je me trompais. Ce n’étaient qu’illusion et fantasme. Je pensais entendre ce sortilège, cette formule dite magique de l’amour. Ces trois mots que l’on ne dit jamais assez. Ces trois mots qui parlent d’eux même mais qui ne possèdent pourtant pas autant le poids que l’on voudrait leur donner. Envoûte-moi de ces paroles, je serai le serviteur de ce royaume dont tu es la souveraine.
Ton départ a été un déchirement quasi physique. Et je repense alors à ces moments intemporels que nos deux corps, chaque nouveau jour, apprenaient à partager. Je ressens encore la chaleur de ta main sur ma nuque, mes épaules. Je ressens tes doigts parcourir mon dos, mon ventre, mes jambes, puis en remontant, mon torse, mon coup, mes lèvres, mes yeux, mes joues. Lentement, avec tendresse, à l’aide d’un érotisme puissant dont seule toi possède le secret, tu prenais possession tant de mon âme que de mon corps.

Je reste ainsi immobile entre réalité et septième ciel prenant le temps de savourer les souvenirs délicieux et cutanés que tu as offert à tout mon être, mais en premier lieu à mon cœur et à sa mémoire.

Les yeux clos, des images de toi viennent s’encrer sur le noir inquiétant de mes paupières. Les vibrations que je percevais en toi et que tu me transmettais lorsque nos deux âmes dansaient en harmonie, je m’en souviens. La proximité qui s’installait entre nous deux durant cet « entrechat » de l’amour s’effectuant en concert assurait une sensation tactile décuplée. Nos deux corps, s’ayant apprivoisés, se connaissant enfin, nous vibrions en phase. Nos mouvements se faisaient coordonnés, lents, doux, précis, beaux, bons. C’était un déchainement de sensations qui nous parcourait, un ouragan de sentiments né de cette excitation créative.

Et, lorsqu’après l’amour, nus, nos deux corps fourbus de ces délicieuses courbatures se touchaient et se frôlaient de nouveau, c’était une nouvelle symphonie des sens qui commençait. Regarde-toi, tu en étais le chef d’orchestre…
Je suis devenu un puzzle éparpillé aux quatre coins de mes rêves cherchant indéfiniment la pièce manquante à l’accomplissement de mon être. Je suis devenu un fantôme face à un monde vide, infini. La seule puissance qui puisse me faire revivre, c’est cet amour que je guette. Du haut d’une falaise imaginaire, je me tient droit, fier, avec pour seul habit, la douceur humide du vent caressant ma peau dénudée. Dois-je sauter, ou tenter de voler ?

Tout me manque."

Lecture et imagination, la secrète liberté.



Parfois il suffit juste de prendre le temps pour s'émerveiller de peu de choses. Il suffit juste de se balader, d'aller au centre ville, de s'assoir dans un Café et boire son élixir noir et amer. Et puis, il suffit juste d'observer. C'est là que l'on découvre une femme. Belle, élégante, avec un visage fin et doux. Elle est assise autour d'une table, elle est seule. On lui donnerait 25-30 ans. Elle fait partie de cette catégorie de femmes dites actives. Son métier doit lui plaire (elle semble épanouie), elle est mariée (son annulaire l'a trahie), elle est très élégante mais pas hautaine. Voilà une femme très bien dans sa peau, qui vit sa vie parfaitement bien. Entre ses doigts longs et soignés un livre ouvert capte son attention. Ses yeux clairs balaient rapidement les lignes, ses sourcils froncés témoignent de sa concentration. Autour d'elle, le monde s'agite, les serveurs courent littéralement entre les tables avec leur plateau, les gens arrivent, repartent. La vie se déroulent autour d'elle, mais rien ne semble la détourner de son histoire. Elle est comme dans une bulle. Comme si elle avait la capacité de ralentir l'univers tout en continuant de lire. Tout semblerait si futile. Cette suractivité de tout, des gens, des voitures, cette stressante atmosphère qui règne dans nos villes. Tout cela ne serait plus rien parce que, pour elle, le temps se serait presque arrêté entre les pages de son livre.

Il est drôle de voir se dessiner sur son visage un petit sourire de malice illuminant toute sa personne. Qu'est-elle en train de ressentir ? Qu'est-elle en train de vivre à l'intérieur d'elle ? Se dit-elle qu'elle est l'héroïne de l'histoire qu'elle lit ? Ou simplement une spectatrice amusée ? L'homme en tant qu'espèce à part entière a cela de fascinant qu'il a la capacité de se créer un monde d'images avec l'aide de quelques mots. Nos limites physiques disparaissent. Notre âme pourtant enfermée par cette barrière de chair se retrouve ailleurs. Cette force est notre moyen de survivre lorsque tout va mal.

L'imagination n'est pas uniquement une simple imitation du réel par des images, c'est plus que ça. C'est une réelle machine à monde. A créer. Même si, tangiblement, rien n'est créé. Tout se passe à un niveau plus subtil, celui de l'esprit. En imaginant, on possède alors une merveilleuse maitrise de tout, de nous, mais aussi des éléments que nous voyons se dessiner sur les parois de notre cerveau. On l'a sait irréelle, mais pour nous, elle est bien réelle, et présente, puisque nous la sentons. Mais nous sommes les seuls à la sentir, c'est ce qui fait sa particularité. Elle est unique et pourtant si universelle. On combine à l'infini des particules en suspensions dans notre univers personnel et on leur donne vie. Cette imagination démontre la puissance de notre esprit et sa liberté. Elle arrive a se confondre avec notre capacité de vivre à la fois le passé, le présent, le futur, l'absent, le possible... Son inspiration et ses aspirations viennent de là. 

Cette femme, vit une aventure. Dictée par le livre qu'elle lit, mais aussi par son imagination. Certainement le moteur premier à tout. Elle voyage, assise sur sa chaise, sans savoir qu'elle est observée. Son livre est la porte de son univers, sa lecture créatrice et son imagination en sont les uniques clés. 

Elle est libre.

mardi 2 février 2010

Retour vers le passé

Tomber sur une vieille photo, cela fait bizarre. Surtout lorsque cette dernière montre deux personnes heureuses, ensembles, côte à côte, et pourtant bien séparées aujourd'hui.

On cherche un papier dans un tiroir, ceux là même dont on ignore leur emplacement mais dont on sait vaguement où ils se situent. Dans le tiroir donc. Les mains parcourent cet antre sombre et sèche. Les yeux balaient de haut en bas, de gauche a droite avec une certaine nervosité. "Et si je ne retrouve pas ce papier ?". Eh bam ! Notre objectif pourtant si important il y a encore deux minutes s'évanouie comme par enchantement à la vue de LA photo. On la prend avec une once de nostalgie dans le coeur, la tête, dans la gorge qui se noue. La beauté de la scène nous submerge. Des souvenirs remontent comme autant de témoins d'un passé révolu. Flash back.
Nous voilà presque deux an en arrière. C'est l'été, il fait chaud. Les oiseaux chantent, le vent rafraichi de sa douce brise l'air de plomb qui s'abat sur nos épaules. L'herbe sèche sur laquelle on marche vient irriter nos pieds nus. L'eau tiède de la piscine nous appelle, mais ça sera pas pour aujourd'hui. Trop de choses à faire.

Mylène (nous l'appellerons ainsi) veut absolument faire une photo. Elle veut immortaliser ce bonheur éphémère qui nous englobe de sa cynique hypocrisie. Lorsque l'on fait face à ce dernier, on est tous piégés. On pense qu'il est sincère, ce bonheur, qu'il durera. Mais non. Il ne dure pas. Il s'éteint à chaque fois entrainant avec lui des coeurs et des esprits égarés. Nous portons des habits de saison, Pour elle, cela sera un haut violet assez bien travaillé et qui laisse apercevoir le sombre décolleté de ses seins bronzés. Ce sont les vacances après tout et la chaleur est bien présente. A notre droite, il y a un hamac blanc tendu et tenu par sa propre structure métallique. C'est pratique, on le dépose où l'on veut au gré de notre envie. Il en possède des souvenirs lui aussi. A notre gauche un arbre, visiblement vieux et dont j'ignore le nom. Dans ses branches une cabane à oiseau se dissimule derrière la fraicheur des feuilles. La gaité de la situation ne nous échappe pas. La mère de Mylène propose donc de prendre l'appareil photo pour immortaliser cet instant. Immortaliser... Elle agrippe l'objectif des ses mains, son index appuie sur le bouton déclencheur. ClicFlash. Eh voilà ! C'est dans la boite (enfin dans la carte mémoire).

Ca y est. Un instant de vie se retrouve gravé à jamais sur du papier glacé. Le temps est figé, les visages, les expressions, les regards aussi. La feuille encore verte qui, à cet instant même mourrait en tombant lentement vers le sol, reste en suspension dans l'air. En lévitation. Pas encore totalement morte, mais plus vraiment vivante. Entre les deux. Cette photo, qui expose le bonheur de deux personnes, est comme cette feuille. Pas encore mort, mais plus vraiment vivant. Il n'est plus. Il subsiste les souvenirs qui permettent de continuer à faire vivre ce moment, d'où sa mort pas totalement signée. Mais dans la réalité, le coeur de s'emballe plus, les yeux ne scrutent plus le visage familier au réveil. Le bonheur n'est plus vraiment vivant.

Cette capture d'un moment à un instant "t" n'est ni plus ni moins qu'une étoile. Expliquons. Pure énergie d'hydrogène et d'hélium, elle éclaire tout ce qui est atour d'elle. Et éclaire même à des milliers d'années lumières à la ronde. Savez vous que la lumière voyage dans le vide de l'espace à 300 000 000 m/s ? Il faut parfois des milliers d'années pour que l'image d'une étoile parvienne à nos yeux. Elle peut mourir à 100 années lumière de nous, nous ne le serons que 100 ans plus tard. Son image nous parvenant autant d'années plus tard à la vitesse de la lumière. Est-ce clair ? (je l'espère). Voilà donc. Lorsque nous scrutons la voute céleste, nous faisons en réalité une forme de retour vers le passé. Lorsque que nous avons en main un image, une photo, nous faisons la même chose. Nous observons un passé révolu. Les émotions nous reviennent, les souvenirs refont surface. Notre cerveau repart des années en arrière... Tel un voyageur intemporel.

Il y a une chose qu'il faut garder à l'esprit, tout ce que nous voyons des étoiles et de leur lumière sont de simples et vieilles photos jaunies par le temps.

lundi 1 février 2010

Isolé


C'est dans la chaleur d'un lit que l'on se sent si seul.

Pour la première fois (outre le tout premier article), je vais utiliser la première personne du singulier. Le "je" qui représente mon unité, ma réalité, mon identité propre. Mon "je" pense, est sait qu'il pense, il a conscience de sa conscience et en joue. Ce "je" là entre dans le jeu de la réflexion, enfin. Cette fois ci, le discours impersonnel du "on" est mis sur la touche. Le jeune "je" que je suis jette, pour cette fois ci, sa pudeur.

J'entre en jeu dans l'arène de la confession.

Je disais donc, c'est dans la chaleur d'un lit que l'on se sent si seul. Une raison, cette sensation de démarcation immense que je peux vivre entre le reste du monde et moi. Ce n'est pas comme si il n'y avait qu'un simple chemin qu'il suffirait que je traverse, non, là, il y a un fleuve d'ignorance, un gouffre d'absence, une forêt d'épines qu'il faudrait que je franchisse. Parfois, tout cela disparait, et un pont éphémère se créé. Je deviens alors comme les autres. Mais la tension que je ressens à l'intérieur revient vite. Je ne suis pas moi même. Je ne me sens pas à ma place. Je peux être entouré, mais malgré ces présences, je suis isolé.

Au lieu de fuir les autres, je pourrais fuir vers les autres. Rien n'y fait. Le résultat est le même. Nous ne parlons pas le même langage. La solitude a cela de bon qu'elle permet de prendre conscience de ce que l'on est. Je suis conscient de ma solitude et m'en sert pour avancer. La lucidité de tout n'aide en rien à la socialisation. L'exclusion, l'incompréhension deviennent alors les seules définitions d'un monde que l'on côtoie mais dont on n'arrive pas à épouser le moule.

En l'observant, ce monde, le sourire délicat qui s'esquisse sur mes lèvres perle rapidement en larmes. La cause ? Je la cherche encore. Peut-être est ce cette sensation de morosité latente, cette sinistre obsession de vouloir tout ressentir, tout comprendre, sans être capable d'encaisser. Je n'ai pas peur du vide qui peut envahir l'existence de chacun de nous, c'est l'inverse qui me fait peur. Tout ce qui est autour, tout ce qui fait le reste, tout ce qui n'est pas le vide. En résumant, c'est de la vie en elle même dont j'ai peur. Peur et fasciné à la fois, je découvre chaque jour.

En ce moment, mon cerveau boue à la recherche d'un éclaircissement qui ne viendra jamais. Chaque action est une expérience. Une expérience douloureuse de sensation. Mais je ne me l'explique pas. C'est comme si la violence ou la douceur extrême de ce qui est autour de moi me heurtait sans que la peau ne fasse effet, comme absente. Pas de protection. Rien.

Je n'ai qu'une seule envie. Partir en Irlande et marcher sur le plateau du Burren. Côtoyer les falaises abruptes, les herbes longues et vertes, le vent marin fouettant mon visage, la fraiche chaleur du soleil irlandais, l'atmosphère de quiétude millénaire, le silence, la mer, les dolmens, moi.

Tel un soldat sans gilet par balle, je déambule sur un champ de bataille dont je suis à la fois acteur et spectateur. Armé, je n'ose poser mon doigt sur la détente même par légitime défense. Je ne suis pas comme eux. Je ne suis pas comme eux... Définitivement pas comme eux.

Mais c'est qu'ils veulent ma mort ?! Je résisterai vaille que vaille !