mercredi 10 février 2010

L'amour, ou comment devenir un puzzle

Une lettre envoyée dans le vent...



"Tu manques à ma peau comme des touches d’ivoire manquent à un piano. Elle se souvient de toi. Chaque pli, chaque pore possède une mémoire de toi, un souvenir entier. La peau est presque, par définition, la première zone du corps que la femme conquiert par son touché. Le cœur étant déjà devenu esclave des regards et des mots de tendresses.

Du bout des doigts, de la douceur de la paume de la main, de la finesse des lèvres, de la légèreté de la langue, de la vigueur du corps tout entier tu as imprimé ta signature en moi. Et voilà ce que ma chair désire. Elle désire ce rituel millénaire et pourtant si hésitant de l’amour. Un rituel qui fait que tout le corps s’active. Tout s’accélère. Tu m’effleure de tes doigts, et ce sont des anges qui dansent sous ma peau. Tu m’embrasses, et ce sont les silhouettes des plus belles montagnes péruviennes qui s’apposent sur mes paupières fermées. Tu me caresses, tout simplement, et c’est une explosion de sensations qui née en moi me faisant frissonner.

Longtemps je t’ai cru sorcière m’envoutant par un enchantement dont seul toi connais le secret. Longtemps, j’ai cru t’entendre chuchoter du bout de tes divines lèvres, nombre de maléfices et d’envoutements. Mais je me trompais. Ce n’étaient qu’illusion et fantasme. Je pensais entendre ce sortilège, cette formule dite magique de l’amour. Ces trois mots que l’on ne dit jamais assez. Ces trois mots qui parlent d’eux même mais qui ne possèdent pourtant pas autant le poids que l’on voudrait leur donner. Envoûte-moi de ces paroles, je serai le serviteur de ce royaume dont tu es la souveraine.
Ton départ a été un déchirement quasi physique. Et je repense alors à ces moments intemporels que nos deux corps, chaque nouveau jour, apprenaient à partager. Je ressens encore la chaleur de ta main sur ma nuque, mes épaules. Je ressens tes doigts parcourir mon dos, mon ventre, mes jambes, puis en remontant, mon torse, mon coup, mes lèvres, mes yeux, mes joues. Lentement, avec tendresse, à l’aide d’un érotisme puissant dont seule toi possède le secret, tu prenais possession tant de mon âme que de mon corps.

Je reste ainsi immobile entre réalité et septième ciel prenant le temps de savourer les souvenirs délicieux et cutanés que tu as offert à tout mon être, mais en premier lieu à mon cœur et à sa mémoire.

Les yeux clos, des images de toi viennent s’encrer sur le noir inquiétant de mes paupières. Les vibrations que je percevais en toi et que tu me transmettais lorsque nos deux âmes dansaient en harmonie, je m’en souviens. La proximité qui s’installait entre nous deux durant cet « entrechat » de l’amour s’effectuant en concert assurait une sensation tactile décuplée. Nos deux corps, s’ayant apprivoisés, se connaissant enfin, nous vibrions en phase. Nos mouvements se faisaient coordonnés, lents, doux, précis, beaux, bons. C’était un déchainement de sensations qui nous parcourait, un ouragan de sentiments né de cette excitation créative.

Et, lorsqu’après l’amour, nus, nos deux corps fourbus de ces délicieuses courbatures se touchaient et se frôlaient de nouveau, c’était une nouvelle symphonie des sens qui commençait. Regarde-toi, tu en étais le chef d’orchestre…
Je suis devenu un puzzle éparpillé aux quatre coins de mes rêves cherchant indéfiniment la pièce manquante à l’accomplissement de mon être. Je suis devenu un fantôme face à un monde vide, infini. La seule puissance qui puisse me faire revivre, c’est cet amour que je guette. Du haut d’une falaise imaginaire, je me tient droit, fier, avec pour seul habit, la douceur humide du vent caressant ma peau dénudée. Dois-je sauter, ou tenter de voler ?

Tout me manque."

4 commentaires:

Âme Tourmentée a dit…

Oufff....

D'une intensité brute, d'une force inouïe et si fragile à la fois...

J'aime de cette façon là, moi aussi... Dans la passion, dans la tourmente. Aimer, à s'en éclater le coeur, à s'en fendre l'âme, à s'en égratigner le corps. Aimer le fait d'aimer, s'en nourrir et en crever...

Superbe texte, merci...
-xxx-

Tantale a dit…

C'est un plaisir :)

Je t'avoue que c'est un texte qui me touche particulièrement. Un texte que j'ai écrit en sachant que la personne en question ne pourrait jamais le lire.

C'est bizarre de voir quelqu'un dire merci comme tu l'as fait. Et je ne peux que te remercier en retour. Ca me touche énormément.

:D xoxo

Âme Tourmentée a dit…

Eh bien, je me suis reconnue dans tes mots.... Alors mes remerciements étaient sincères, cher écrivain...

Merci à toi, d'avoir pris le temps de me répondre aussi candidement...

-xxxx-

Tantale a dit…

Je garde ma part d'enfant en moi, d'ou mon côté candide... :-)

Et ce compliment ! "Cher écrivain". Un énorme merci !!! Mais Je ne me considère pas comme un écrivain tu sais, je ne pense pas en avoir la plume d'ailleurs, mais plutôt comme un observateur curieux de comprendre et d'analyser tout ce qui l'entoure. L'écrivain, c'est celui qui écrit des livre ;) (d'après moi). Je ne suis pas encore à ce niveau.

Je suis à chaque fois heureux de voir un commentaire de ta part. Vraiment vraiment.

:D