J’ai reçu très récemment, un commentaire sur l’article Pensée. Mon amie Ame Tourmentée me demandait « La pensée en continue, cercle vicieux ou cercle d’éternité ? ». Je me suis plongé dans mes bouquins, j’ai fais travailler ma petite caboche et j’ai essayé de répondre le plus clairement possible à sa question (oui je sais, difficile d’être clair sur un sujet aussi philosophique). Accrochez-vous…
Définition de la pensée : étymologiquement du latin pendere « peser » ou pensare « peser », « juger ».
Dans les deux cas, c’est clair. En pensant, on pèse, on juge à la fois ce qui nous entoure et nous même. C’est ce qui est la manifestation de la conscience au sens large. Et c’est ce qui nous différencie de l’animal d’où le « je pense donc je suis » de Kant. Mais je préfère utiliser personnellement « je suis conscient de ma conscience donc je suis ». C'est-à-dire la connaissance que l’on a de nos pensées. C’est grâce à elles que l’on prend « conscience » justement du sentiment d’existence et donc de la pensée universelle de la mort. C’est à la fois une tare pour l’homme mais aussi un cadeau, un don. La conscience et donc la pensée, sont à la fois, les bourreaux et les libérateurs de l’homme. Ce sont des forces libératrices dans le sens où, comme le dit Pascal dans Les Pensées, « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant ». Comme si ce « mais » permettait d’effacer cette faiblesse que nous avons face à la nature. Comme si ce « mais » transformait cette incompréhension en quelque chose de plus noble. Cela n’empêche de vivre cette faiblesse et de la connaitre. Non seulement la connaitre, mais s’en servir pour de plus grands desseins. Comme le dit l’adage, « on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ». Hé oui, on ne peut pas avoir la capacité de réfléchir sur notre condition et à la fois, ne pas être capable de la ressentir dans notre chair, dans nos larmes, dans nos rire, nos doutes, nos espoir. C’est aussi ça la beauté de la pensée, cet arc-en-ciel de sensations et d’émotions (n’en déplaise à Descartes).
On voudrait tous, parfois, ne plus être conscient, ne plus penser sur ce qui nous entoure. En tout cas, pour ceux qui ressentent cette présence permanente en eux. C’est à ce moment qu’entre en jeu cette notion de « cercle vicieux, ou cercle d’éternité ». Ce sont deux termes à la fois flous dans leur définition mais à la fois on-ne-peut-plus clairs. Expliquons. En lisant cercle vicieux, on ressent cette sensation d’enfermement, de supplice, ça nous rapporte à la perversité et donc à une certaine cruauté. Serions-nous donc, en restant dans cette logique de cercle vicieux, des esclaves, des prisonniers de notre pensée ? La pensée, c’est un peu comme le ruban (ou anneau) de Moebius. C’est une surface totalement fermée qui n’a pas de début ni de fin. On a beau faire le tour, ce ruban n’a pas, comme habituellement, deux côté, mais n’en a qu’un seul. C’est assez abstrait comme concept, et angoissant quand on y pense (cf. image d’illustration). L’angoisse, c’est cette sensation que nous ressentons lorsque nous faisons face au néant.
Faites une petite expérience. Pensez l’univers. On voit la Terre, puis le Système Solaire, la Voie Lactée, un groupe de galaxie, etc. Continuez. Imaginez qu’il n’y a pas de fin, qu’il n’y aura pas de mur rassurant, comme celui que vous touchez quand vous tendez votre bras dans une maison noyée dans le noir d’une nuit d’hiver. Ici, l’univers, quoique vous fassiez, ne présentera jamais de mur. Vous tendez votre bras sans jamais rien toucher. La pensée, est comme l’univers, elle ne se heurtera jamais à une fin. Nous, en tant qu’humain, sommes déstabilisés lorsque nous pensons l’impensable, nous aimons tout ce qui est cadré, bien réglé. Lorsque ce n’est pas le cas, nous sommes angoissés, torturés par nos propres questionnements. Dans ce Schmilblick, comme dirait Coluche, il n’y a ni début, ni fin.
Alors, la pensée en continue, cercle vicieux ou cercle d’éternité ? Hé bien, les deux à la fois. Penser, c’est admettre notre impuissance face à elle-même. C’est concevoir qu’elle nous dirige. Mais puisque nous sommes « conscients de notre conscience », puisque nous sommes conscients de cette pensée, c’est aussi concevoir que nous la dirigeons dans un certain sens. Notre plus grande erreur et d’imaginer que nous pouvons dissocier la pensée et l’acte de LA penser. Comme si, cette chose étrange, était une entité difforme, irrégulière. Nous SOMMES notre propre pensée. Lorsque nous réfléchissons sur elle, au fond, nous réfléchissons sur nous même. Les questions existentielles – par définition sans fin – prennent place, et créent cette angoisse, ce fameux « cercle vicieux ». Le « cercle éternel » lui, n’est qu’une de forme pléonasme. Un cercle, c’est bien infini et éternel non ? Comme la pensée…
Pascal le dit parfaitement, « Concevoir l’homme sans pensée, ce serait une pierre ou une brute. Penser fait la grandeur de l’homme. » Il ne faut pas aller contre cette dernière. Il faut se construire avec elle et par elle.


6 commentaires:
Quel honneur, cette réponse juste pour moi! :-))) (bon, je me l'approprie, je sais, hihihi!)
J'adore ce développement que tu as fais de mon commentaire. Je partage ta vision des choses totalement, et je retiens surtout LC’est aussi ça la beauté de la pensée, cet arc-en-ciel de sensations et d’émotions.
Que serions-nous sans ces sensations et émotions? Que des enveloppes vides....
Merci, vraiment, j'ai adoré te lire! En fait, j'adore toujours te lire! :-)
-xxx-
Des enveloppes vides, de simples machines. Des choses froides de reflexion. Ca me ferait peur.
Après tout, ce sont les sensations qui nous font comprendre ce qu'il y a autour, ce qui nous fait mal, ou nous rend heureux...
Sans sensations, sans émotions, que serions-nous ? Cela mériterait aussi un développement :) que je ferai un jour, promis. C'est passionant à penser.
Je te remercie de ta gentillesse. C'est un bonheur de mettre à ton service mon petit cerveau xD
Si tu as d'autres questions... ahah. N'hésite pas !
A bientôt ! Et merci pour tous ces compliments...
:D
Sans émotions, sans sensations, sans bien, sans mal...nous serions pas mieux qu'un objet inanimé... et même encore, on ressent la ''vie'' dans certains objets!
Et que dire, te complimenter est tout naturel; Ton blog est génial, tes mots sont sublimes, ta façon d'écrire me touche et m'émeus, et ta personnalité est originale et mystérieuse. Un ensemble merveilleux, qui fait que je te suis fidèle!
Alors prends ces compliments, ils sont sentis et sincères!
-xxx-
Je prends les compliments avec une grande joie, et avec un sourire gravé sur mes lèvres :D
Je continuerai à écrire encore et encore, en pensant que tu liras ce que je ferai. Sachant cela, je prendrai alors toujours plus de plaisir à mettre mes pensées, mes interrogations, mes petites histoire, sur ce blog...
C'est un immense bonheur que de savoir quelqu'un heureux par ce que l'on fait.
A bientôt !
:D
Tes écrits me manquent....
Câlins!
-xxx-
=D
Je suis en train de réfléchir sur un sujet à écrire... Je le mettrai bientôt en ligne :)
Sois patiente... :D
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